
Malgré des prix en hausse pour la boucherie, le contexte de cette année est peu motivant pour l’engraissement, avec une alimentation chère que ce soit en concentrés ou en fourrages. En zone d’altitude, la dépendance vis-à-vis de l’achat de concentrés et de paille rendrait encore plus prohibitif l’engraissement. Mais les élevages peuvent avoir accès à certaines filières qualité dont les prix de vente permettent de dégager une marge intéressante, même dans la conjoncture actuelle. Le label rouge offrant un débouché haut de gamme pour les meilleures vaches, n’est pas à négliger pour amener de la valeur ajoutée et améliorer la rentabilité du troupeau, depuis que la demande en reproductrices Aubrac a chuté.

Aujourd’hui pour les vaches Aubrac de Haute Loire, 3 organisations de producteurs peuvent donner accès au Label Rouge BFA :
- la coopérative des Eleveurs du Pays Vert (groupe Altitude) qui intervient sur tout le département, et plus spécifiquement en races rustiques, en concertation avec le Coopérative des Eleveurs Bovins du Mézenc
- l’association Elvéa Cantal-Puy de Dôme qui demande sa reconnaissance sur notre département en collaboration avec l’APIV43
- et enfin l’union de coopératives Cémac-Cobévial dont la zone de reconnaissance comprend 3 cantons limitrophes de la Lozère (Saugues, Pradelles et Pinols)
A noter que les génisses pures Aubrac abattues entre 30 et 42 mois peuvent aussi partir en Label Rouge. Nous en reparlerons dans une prochain article sur les filières pour génisses.
D’autres filières qualité spécifiques
Pour les vaches n’entrant pas dans le cadre du Label Rouge, il existe des filières offrant une garantie de débouché et une valorisation correcte. Avec les vaches de moins de 10 ans, la coopérative des Eleveurs du Pays Vert approvisionne d’autres démarcations spécifiques, en particulier la filière Carrefour qui recherche de bonnes réformes Aubrac de plus de 340 kg de carcasse, et sa propre marque « Altitude l’Aubrac » qui admet des carcasses moins conformées. En dehors des exigences de conformation et de gras, un même cahier des charges est à respecter pour les 2 filières. Il n’est pas restrictif pour les fourrages utilisés en finition, dont 80% doivent être produits sur l’exploitation. Pour le reste, la Charte des Bonnes Pratiques d’Elevage fait office de référence.
La coopérative oriente certaines vaches Aubrac sur d’autres débouchés, comme les magasins Monoprix, également fournis par Cémac-Cobévial.
Enfin, depuis février 2010, la filière Valobrac a été mise en place par un restaurateur parisien originaire de l’Aveyron, Christian Valette, pour approvisionner des groupes de restaurants et des collectivités de Paris et sa région. L’objectif est de valoriser les bons animaux de race pure Aubrac sur un marché haut de gamme. Des réformes de moins de 9 ans sont collectées maigres par un négociant privé, rayonnant sur le berceau Aubrac mais aussi en Haute-Loire, puis engraissées à Laguiole, à la Ferme des Vialars. La finition se fait en ration sèche foin-paille et concentré, dont la composition respecte le cahier des charges Bleu Blanc Cœur (complémentation en graines de lin pas d’huile ni tourteau de palme, pas de maïs,). Pour 2011-2012, cette filière recherche 600 vaches (écornées) et 450 bœufs de 18 mois (castrés à la naissance par pose d’un élastique) de race pure à engraisser, ainsi que de jeunes génisses pour abattage à 18 mois. Les vaches sont payées selon une grille tenant compte de l’âge et du poids vif, les bœufs sur prix de base avec complément selon le gain de poids en engraissement, avec une prime pour les 2 meilleurs résultats.
PHILIPPE HALTER
CHAMBRE D’AGRICULTURE
le jeudi 24 mai de 10:00 à 12:00
le jeudi 24 mai de 10:00 à 12:00