La stratégie proposée au titre du programme Leader 2007-2013 du Pays de Lafayette s’inscrit dans le cadre de sa charte de développement mais également dans la continuité de l’action des politiques de développement territoriales mises en œuvre depuis deux, trois décennies à l’échelle du territoire.
Elle constitue surtout une vraie opportunité pour le Pays dont l’existence est relativement récente d’affirmer un vrai projet de territoire à caractère consensuel, prospectif, transversal, multi-sectoriel tout en apportant une dose d’innovation, d’expérimentation.
Le projet ne vise pas à résoudre tous les problèmes, toutes les menaces qui pèsent sur le Pays de Lafayette mais plutôt à soutenir des démarches, des stratégies innovantes qui auront un effet de levier en termes d’emplois, d’attractivité, d’affirmation de son identité, en matière d’exemplarité environnementale ou encore en matière de renforcement de sa cohésion.
La stratégie du Pays au travers du projet Leader consiste à miser sur la qualité de ses patrimoines naturels, paysagers et culturels de manière à créer un environnement favorable à la reprise et à l’installation d’activités. Elle attachera une attention toute particulière à la qualité des réalisations, au bien être de ces habitants, et à ce qui fait l’âme, l’identité de ce territoire.
Pour mettre en œuvre sa stratégie Leader autour de l’excellence environnementale, du développement durable, le Pays de Lafayette souhaite mener plusieurs séries d’actions étroitement liées les unes entre les autres et cohérentes.
Il entend mener en premier lieu des actions autour de la réappropriation, de la valorisation, des richesses naturelles, culturelles du territoire, tirer profit de certaines ressources de son territoire qui sont insuffisamment exploitées.
Il s’agit en quelque sorte de préparer les emplois de demain pour palier la disparition d’activités traditionnelles ou condamnées à terme sur le territoire en misant sur leur remplacement par des projets à forte potentialité de développement et à haute valeur ajoutée.
Les productions agricoles de terroir, la mise en valeur des ressources paysagères, patrimoniales, des ressources agricoles, de savoir-faire sont visées par ce premier axe de travail.
Les acteurs du territoire souhaitent appuyer tout particulièrement le développement de filières courtes de qualité valorisant les ressources locales. Ils sont convaincus de l’utilité de ce genre de projets au regard du contexte international de plus en plus exacerbé de la mondialisation, du réchauffement climatique, de la raréfaction des ressources naturelles.
Le territoire a tous les atouts pour s’inscrire (à partir du moment où il s’en donne les moyens) dans le cadre des nouveaux modèles de développement économiques qui se profilent et qui seront fondés sur des modes de production et de consommation durables (agriculture durable, satisfaction des attentes environnementales de la société, réduction des pollutions, préservation de la biodiversité, etc.).
Le territoire accompagnera dans ce cadre là tout particulièrement le développement de projets liés à l’agriculture biologique, il soutiendra la valorisation de produits locaux dans un souci de création de valeur ajoutée et de gestion durable des milieux, enfin il confortera les circuits courts de distribution, de commercialisation de ces produits.
Le territoire souhaite également favoriser le développement de la production de certaines ressources locales destinés à alimenter la mise en place de filières de production d’éco-matériaux : la laine de mouton et le chanvre sont particulièrement visés par cette mesure.
L’utilisation de la laine à des fins d’éco-construction vise à favoriser, à conforter le maintien de la filière ovine dont le rôle est très important en matière d’entretien d’espaces, de milieux remarquables sur le territoire.
Le développement du chanvre vise à relancer une ancienne plante traditionnelle du territoire dont les qualités ne sont plus à démontrer et qui fait l’objet de demandes de la part d’entreprises locales du bâtiment.
Le territoire souhaite dans le cadre d’un deuxième axe de travail conduire des opérations afin de préserver, mieux protéger, mieux exploiter ses ressources naturelles qui comme d’autres territoires sont menacées et fragiles.
La réduction de certaines nuisances, la valorisation de l’image du territoire et de son attractivité est en toile de fond de cette série de mesures.
La création d’emplois, de nouvelles entreprises, de nouveaux métiers est également en jeu.
Pour faire le lien avec le premier axe de travail, les acteurs ont décidé de soutenir la mise en place de filières de production d’éco-matériaux : la transformation de produits bruts tels que la laine, le chanvre en produits finis utilisables dans le cadre de la construction ou de la rénovation de bâtiments.
Cette mesure sous-entend des actions en termes d’accompagnement des professionnels, de promotion de ces savoir-faire vis-à-vis des consommateurs, des professionnels, d’organisation des filières.
Les acteurs souhaitent stimuler l’utilisation des énergies renouvelables dans le secteur du bâtiment au travers de l’appropriation de ces nouvelles techniques par les professionnels.
Parallèlement, il souhaite soutenir, accompagner d’un point de vue technique toutes les démarches visant à mettre en place, développer des filières énergétiques courtes, des filières de production d’énergie renouvelables sur le territoire.
Cette action est le pendant d’une autre mesure qui vise à faire du Pays de Lafayette un territoire moteur en matière d’efficacité énergétique.
Les acteurs du territoire souhaitent également profiter de l’opportunité offerte par Leader pour assurer la mise en place de filières de collecte et de traitement de certains déchets liés au bâtiment, à l’agriculture.
Les acteurs du Pays de Lafayette ont souhaité mettre en place ensuite un volet spécifique consacré à des actions pédagogiques, de sensibilisation, de formation à l’environnement, aux enjeux du développement durable tourné vers l’ensemble de la population locale du territoire.
Il était inconcevable pour le territoire de vouloir se fixer des objectifs ambitieux en termes d’excellence environnementale, de développement durable sans une large mobilisation des jeunes qui sont l’avenir du territoire ou bien encore des acteurs économiques du territoire.
Il s’agira de mobiliser l’ensemble de la population sur les enjeux liés au réchauffement climatique et à la nécessité de conduire des mesures en faveur de l’efficacité énergétique, sur la nécessité de construire et de rénover en s’appuyant sur des démarches respectueuses de l’environnement ou encore sur la nécessité de préserver biodiversité, la ressource en eau.
Il s’agira également de soutenir la création culturelle sur le Pays de Lafayette de manière innovante en l’abordant par le biais de la problématique environnementale.
Le dernier axe stratégique du projet Leader du Pays est également fondamental. Il vise en effet à mettre en place des actions ciblées en matière de qualité du cadre de vie avec en toile de fond l’idée d’encourager une véritable culture du paysage sur le territoire dans le cadre d’un maximum de réalisations futures ou bien encore de promouvoir une approche environnementale de l’urbanisme.
Un autre volet vise à encourager le développement, le maintien des services à la population à la fois de manière stratégique, prospective et expérimentale.
L’avenir de l’attractivité du Pays et de sa cohésion est en jeu.
De la même manière, le territoire souhaite conduire une action expérimentale en matière d’infrastructures de communication afin d’anticiper l’avenir et un éventuel risque de fracture numérique.
Le volet coopération est loin d’être oublié puisqu’il est au cœur de la stratégie d’ouverture du territoire sans laquelle le territoire ne pourra pas s’inscrire dans l’excellence environnementale, dans une véritable politique de développement durable. Les acteurs du territoire croient beaucoup à ce volet au regard d’expériences passées menées par le Syndicat Mixte d’Aménagement du Haut-Allier dans le cadre du programme Leader 1 et Leader 2 autour de l’expérimentation de la mise en place d’un vélorail sur une ancienne voie de chemin de fer avec des partenaires espagnols, allemands ou bien encore autour de la traction animale avec des partenaires suédois, écossais. A cette époque, une cellule transnationale avait été mis en place conjointement à l’échelle de plusieurs GALS du Département en collaboration avec le Parc Naturel régional Livradois Forez avec à la clé le recrutement d’une chargé de mission qui était basée dans les locaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Puy-Yssingeaux. Les partenaires locaux s’intéressent d’ores et déjà sur l’intérêt de relancer une telle initiative en profitant d’une mutualisation des moyens entre plusieurs GALS qui pourrait se faire au niveau du département ou à une autre échelle.
Le territoire a beaucoup à apprendre de l’expérience d’autres partenaires français ou étrangers s’il veut conduire des actions en matière de mise en place d’éco-matériaux, d’urbanisme, de tourisme durable ou bien encore de création culturelle.
le jeudi 24 mai de 10:00 à 12:00
le jeudi 24 mai de 10:00 à 12:00