EVOLUTION DE LA PRODUCTION LAITIÈRE EN HAUTE-LOIRE

Les premiers résultats du recensement agricole 2011 sont arrivés. La Chambre d’Agriculture vous propose les chiffres clés et les faits marquants de l’évolution de la production laitière en Haute-Loire ces dernières années. En un peu plus de 20 ans l’élevage laitier départemental s’est profondément restructuré avec une concentration de la production. Qu’en sera t-il demain ?

Les volumes : un quota de prés de 400 millions de litres de lait

L’arrivée des quotas en 1984 a stoppé l’évolution de notre production laitière dont les volumes étaient en progression constante. La Haute –Loire passait d’un département d’élevage de veaux de boucherie fermiers à un département laitier avec des exploitations spécialisées livrant leur lait aux laiteries. Quotas laitiers obligent, entre 1989 et 2009 les ventes des lait de la ferme Haute-Loire ont stagné avec une moyenne annuelle de 365 millions de litres. Pendant cette période les quotas ont changé de mains et les exploitations, de moins en moins nombreuses, se sont agrandies. Depuis 2009 les volumes de lait livrés à une laiterie augmentent comme augmentent le prix payé au producteur. ! En 2010 le quota laitier du département est de 392 millions de litres de lait. Sur l’année 2011, les livraisons de lait devraient atteindre 378 millions de litres, battant ainsi le record datant de 1987 !

Les prix : de la stabilité à la volatilité

Ces 10 dernières années, le prix moyen du lait payé au producteur est de 0.30 euro le litre. Entre 2002 et 2008 la tendance était à la baisse avec un seuil de prix de 0.28 euro en 2009. Depuis les prix sont à la hausse. Le prix moyen payé au producteur est de 0.34 euro le litre sur les 10 premiers mois de 2011.

Depuis 2008 les prix sont volatiles (baisses et hausses rapides et fortes). Les agriculteurs adaptent rapidement leur production au prix. La production augmente si les prix augmentent et baisse quand les prix baissent.

Des exploitations laitières de moins en moins nombreuses.

Depuis l’an 2000 , un tiers des exploitations laitières de Haute-Loire ont disparu. Fin 2011 les quelques 2000 exploitations laitières livrent en moyenne 188.000 litres de lait. En 2000, les 3250 exploitations livraient chacune 112.000 litres. Les exploitations se sont agrandies et spécialisées. En 1995 les exploitations laitières de moins de 100.000 litres représentaient les 2 tiers de exploitations et détenaient le tiers du quota lait du département. En 2011, elles ne représentent plus que une exploitation sur quatre et détiennent moins de10% du quota. En 2011 sur les 2100 exploitations qui ont une référence laitière, 40% du lait est détenu par les 1300 exploitations individuelles. Les 790 exploitations en sociétés ( dont 70% de Gaec) détiennent 60% du quota.

La concentration de la production s’accélère

En 2011 plus d’une exploitation sur trois produit plus de 200.000 litres de lait. Ces 750 exploitations détiennent 60% du quota. En 1995 elles ne représentaient que 7% des exploitations et 21% du quota. La concentration de la production laitière s’accélère. En 2011, les 136 exploitations de plus de 400.00 litres représentent presque 20% de la référence pour seulement 6% des exploitations. En 2004 elles n’étaient que 40 avec 5% de la référence lait.

Des exploitations laitières sur l’ensemble du territoire

La Haute-Loire est un département d’Auvergne à forte densité laitière. Les exploitations laitières sont présentes sur toutes les petites régions agricoles de Haute-Loire avec de fortes différences entre cantons. Elles valorisent les surfaces fourragères et sont essentielles à l’économie locale. Les 4 cantons où les producteurs de lait sont les plus nombreux sont Saugues (159), Pradelles (136), Loudes (124) et Langeac (108).

Enjeux de la production laitière demain : produire plus et mieux

Depuis fin 2007 le marché du lait subit d’importantes fluctuations tant en prix qu’en volumes. Ces variations brutales bousculent les habitudes de conduite et les modes de gestion des exploitations. Aujourd’hui une exploitation laitière peut voir son volume de production s’accroître de façon très importante en phase de développement (ex : en cas d’investissements). Ces nouveaux volumes peuvent conduire à une révolution complète des modes de production ( surfaces, système fourrager, autonomie alimentaire, production par vache, alimentation, équipement, financement, avance de trésorerie…) et bien sûr conditions de travail.
Ces nouvelles possibilités de produire doivent rester une chance pour les éleveurs. Aussi faut-il prendre quelques précautions pour ne pas risquer de déséquilibrer tout le système et mettre en cause la viabilité et la vivabilité de la ferme.

En terme d’efficacité économique, l’EBE moyen (excédent brut d’exploitation) des fermes du réseau d’élevage Chambre d’Agriculture oscille depuis 10 ans entre 160 € et 220 € par 1000 litres de lait. L’augmentation du produit en situation de prix favorable est souvent consommée par la hausse des intrants. Cet EBE moyen permet aisément de faire face à des annuités de l’ordre de 80 € à 100 € par 1000 litres de lait. La situation financière peut devenir tendue lorsque plus de 50% de l’excédent brut d’exploitation est consacré aux annuités.
Ce sont les prélèvements privés qui « trinquent ». Dans tous les cas connaître son coût de production et le potentiel de son exploitation est un bon moyen de réussir son développement.

Haute-Loire Conseil Elevage : notre cœur de métier le conseil en élevage lait

Les 900 élevages adhérents à Haute-Loire Conseil Elevage (Contrôle Laitier) représentent 60% du quota départemental. Pour l’année 2011 la production moyenne devrait se situer aux alentours de 6550 Kg/Vache à 40,2 de TB et 32,3 de TP. Les pesées et analyses régulières permettent un suivi individualisé des animaux. Une équipe de 17 techniciens assure le conseil en élevage. Avec la forte croissance des références laitières au cours de ces dernières campagnes, le suivi technico-économique du troupeau est indispensable pour garantir les performances. La génétique, l’alimentation, la qualité du lait, l’élevage des génisses sont autant de thèmes traités au quotidien.

 

 

Valoriser le lait en Haute-Loire : 3 pistes

Lait bio : 80 producteurs en bio ou en cours de conversion

Avec une référence de 12.5 millions de litres détenue par 80 producteurs, la production de lait bio c’est 3.2 % du volume et prés de 4% des exploitations. 3 entreprises laitières traitent du lait bio. Cette année, le prix moyen du lait produit en agriculture biologique est de l’ordre de 425 € les mille litres toutes qualités confondues.

Transformation fermière : 130 producteurs

Ces 130 producteurs, dont 60% sont en société, produisent et vendent du lait cru, des produits laitiers frais ou des fromages affinés. Ils représentent 6% des producteurs de lait et transforment un peu moins de 2% de la référence lait départementale. C’est exactement la moyenne nationale. 7 millions de litres de lait sont transformés en « vente directe fermière ». En Haute-Loire, la transformation fermière de lait n’est pas plus importante qu’ailleurs. Nous ne disposons pas de produits avec signes officiels de qualité (label, AOC). Ces producteurs animent les nombreux marchés locaux et fabriquent notamment notre fameux fromage aux « artisous ». Le développement de la transformation fermière passe la recherche de nouveaux débouchés et par de la main d’œuvre disponible et formée.

Lait Montagne : pour une meilleur valorisation du lait

Le département de la Haute-Loire, à part la zone défavorisée du brivadois, appartient à la zone montagne. Les produits laitiers issus de nos exploitations peuvent être estampillés « montagne » à condition que 70% de l’alimentation des animaux soit produite sur la zone. Un diagnostic régional de l’ensemble des exploitations laitières est en fin de réalisation. La grande majorité des exploitations rentrent dans le cahier des charges. Aujourd’hui l’association des producteurs de lait de montagne lance une campagne de mobilisation des producteurs afin de réunir des moyens financiers pour la promotion des produits laitiers de montagne.

Rédacteurs : M. MARTIN, P. MOUNIER, R. TENDILLE. Chambre d'Agriculture Haute-Loire

Agenda

Web agri
merci de votre visite. cda43@haute-loire.chambagri.fr