ASSEMBLÉE GÉNÉRALE LIMOUSINS 2011

On approche les 10 000 vaches Limousines en Haute-Loire

Une cinquantaine de personnes se sont réunies à Bellevue la Montagne pour participer à l’Assemblée Générale du Syndicat des Eleveurs Limousins. La matinée a commencé par le rapport d’activités présenté par le Président, Gilles Cubizolles. Les effectifs progressent toujours avec 24 075 bovins dont 9 943 vaches. La Limousine reste la première race allaitante dans le département avec 37 % des effectifs. Preuve que la race fait encore des émules, malgré une conjoncture très tendue.

  • Au niveau de l’élevage, les naissances en fin d’été et automne dominent avec une progression en Août. Comme dans les autres races, on assiste à un décalage des vêlages d’hiver sur le printemps. 28 élevages limousins adhèrent au contrôle de performances, pas de nouvelles adhésions pour 2010. Par contre, 4 éleveurs s’engagent sur la pesée post sevrage permettant de sortir des PAT 12, 18 et 24 mois. Les données établies par Bovins Croissance 43 laissent entrevoir des écarts de poids âge type à 210 jours de près de 100 kg sur les mâles et plus de 60 sur les femelles.
  • Les broutards restent la destination principale pour les jeunes mâles avec de grosses sorties dès le mois de Mars jusqu’à Juin. Les cours s’étaient maintenus durant le premier trimestre mais ils se sont rapidement dégradés sur le reste de l’année. Le prix moyen a été 2.35 €/kg pour des veaux de plus de 350 kg. Il est loin de satisfaire les éleveurs. Ce n’est pas pour autant que se développe l’engraissement. Les cours du taurillon restent dissuasifs à cause des problèmes de chargement et surtout le coût des concentrés beaucoup trop élevé pour assurer une marge décente. En revanche, les femelles de boucherie sont fréquemment engraissées. Les vaches de réforme sont destinées à la boucherie, pour plus de 70 %, avec des carcasses de plus en plus lourdes. La génisse type St Etienne et Lyon (carcasse de 200 à 280 kg) connaît un regain d’intérêt assez prononcé. Ces animaux dont l’engraissement est assez rapide demeurent intéressants, d’autant plus que le marché des broutardes est catastrophique. Le syndicat, par l’intermédiaire de sa marque Limousine des Monts du Velay, œuvre pour le développement de ce type de produit. La commercialisation et l’agrément des élevages se font par l’intermédiaire de la CEBM. Les prix de vente, 3, 80 €/kg de carcasse pour ce type d’animaux sont assez rémunérateurs.

Les éleveurs Limousins ont participé à diverses manifestations :

  • Comice de Feurs (concours d’animaux de boucherie) où une vache de Haute-Loire a obtenu un prix d’honneur
  • Voyage dans le berceau en Avril avec visite de 2 exploitations, 1 en veaux sous la mère et la seconde un sélectionneur orienté viande
  • Formation dressage avec une quinzaine de participants
  • 14 éleveurs avec 60 animaux ont participé aux journées allaitantes les 18 et 19 septembre à St-Paulien
  • Fin octobre, le concours interrégional à Montluçon (03) a vu la participation de 5 élevages avec 16 animaux

Pour 2011, des évènements sont déjà programmés : 

  • le 20 avril, le voyage du Syndicat : cette année, nous allons dans l’Aveyron pour découvrir la production de veaux du Ségala et un élevage sélectionneur (GAEC de Cancerles)
  • début octobre, à Cournon, se déroulera le national Limousin fin octobre, aura lieu l’interrégional à Aumon Aubrac (48)

La seconde partie de la matinée, a été consacrée à l’impact de la génétique dans un troupeau allaitant.

Cette intervention des techniciens Bovins Croissance 43 et de la Chambre d’Agriculture commencera par lister des différentes étapes de la sélection dans un troupeau : marquage ADN du taureau, déclaration de naissance, poids à la naissance. Ces 3 étapes concernent la certification de parenté bovine. Ensuite, il y a les pesées à 120 jours et 210 jours, puis les pointages effectués par Bovins Croissance. Nous avons vu aussi l’indexation IBOVAL (Indexation des Bovins Allaitants). Cette dernière comprend 4 index élémentaires : 

  • IFNais (facilité de Naissance)
  • CRsev (naissance au sevrage)
  • DMsev (développement musculaire au sevrage)
  • DSsev (développement squelettique au sevrage)

Cela permet d’établir l’index au sevrage : ISEVR 

Au précédent, ajouter :

  • AVel : aptitude maternelle au vêlage
  • ALait : aptitude maternelle à l’allaitement 

Les 6 index élémentaires permettent d’établir l’index de synthèse : IVMAT (Index de Valeur Maternelle au sevrage).

Pour une meilleure compréhension :

  • Deux exemples ont illustré les données précédentes avec le cas d’un taureau et sa FIT (Fiche Individuelle Taureau) puis celui d’une vache et sa FIVA (Fiche Individuelle Vache). On retiendra que 100 est la moyenne. En dessous, c’est détériorateur, au dessus améliorateur. Mais attention de bons index ne suffisent pas pour avoir de bons animaux. Un point crucial subsiste : l’effet élevage. C’est l’éleveur avec sa conduite (alimentation, sanitaire…) qui sont directement impliqués et peuvent renforcer ou contrebalancer l’expression du potentiel génétique. La combinaison de ces deux critères influence sur la qualité des animaux et donc sur leur prix de vente. 
  • Le choix du taureau reste primordial et déterminant dans l’influence d’un troupeau. 
  • Sur 3 campagnes avec 30 vaches, il aura produit 80 veaux sevrés dont 18 femelles de renouvellement et 62 produits vendus. 

 L’utilisation de taureaux avec des index connus se traduit par des veaux plus lourds : 20 kg sur les broutards, 15 sur les broutardes et 55 kg sur les génisses de 3 ans (source HBL). Dans un système type Haute-Loire (système broutards et génisses de St-Etienne) avec 50 VA, 2 taureaux produisant 44 veaux sevrés, l’incidence économique entre un taureau indexé et un mâle tout venant pour 3 campagnes se traduit par un produit supplémentaire de 3 580 €. 

Pour conclure, utiliser des taureaux ayant des index supérieurs à 100, surtout un potentiel de croissance et allaitement. Il est indispensable de connaître et de sélectionner vos meilleures vaches et pour terminer avoir des conditions d’élevage permettant d’exprimer le potentiel génétique.
Après une matinée riche en interventions et échanges, nous nous sommes rendus l’après-midi sur l’exploitation de Bruno Ramousse.

Retrouvez le compte-rendu 2010
 

merci de votre visite. cda43@haute-loire.chambagri.fr