Autres règles : le troupeau sort de la parcelle quand l’herbe est rasée à 4,5 cm. Plus la surface à déprimer est élevée, plus il faut attaquer tôt.
Au-delà de 8 cm sur les parcelles exclusivement pâturées, il faut arrêter le déprimage pour ne pas être se faire " gagner " par l’herbe.
Un refroidissement avec gelées est annoncé, les plantes abîmées ont le bout des feuilles qui se dessèche. Dans ce cas les faire consommer permet de repartir sur de bonnes bases.
Après le déprimage, un apport d’azote est souvent à envisager car il favorise la reprise en végétation de la plante. Sur les parcelles à faner, avec un apport de 30 unités d’azote on peut espérer un gain supplémentaire de 700 à 800 kg de foin / ha. Au delà de 50 unités l’efficacité de l’azote est dégressive et pénalise le maintien des légumineuses.
Pour assurer une qualité optimale de l’herbe et limiter en particulier la présence d’azote soluble dans les silos, le dernier apport d’azote doit intervenir un mois et demi avant récolte. Aujourd’hui les apports d’azote sur parcelles ensilées doivent être terminés sur l’ensemble du département.

La précocité de ce printemps va nous amener une croissance rapide. De la bonne gestion de départ dépendra toute la campagne du printemps. Pour faire profiter aux animaux longtemps d’herbe de qualité il va falloir tourner vite et sortir à la bonne hauteur pour favoriser les repousses.
Le meilleur moyen de maîtriser, c’est de tourner rapidement sur 3 à 7 parcelles par troupeau avec un temps de présence de 5 jours maximum par parcelle. Il faut penser revenir sur la même parcelle après 22 à 25 jours de repousse en pleine explosion de la croissance entre mi avril et fin juin en fonction de l’altitude c’est à dire à partir de 500°.
Cet objection est le même qu’on choisisse de s’organiser en pâturage rationné = avancement du fil tous les jours et pose d’un fil arrière si la parcelle est très grande ou bien en pâturage tournant = offrir une surface pour 2 à 5 jours suivant la taille de la parcelle.
Repères pratiques :
Pour un troupeau de 40 VL on dispose de 10 ha de pâture soit 25 ares par vache. Il faut avancer d’un are / vache laitière et par jour pour un pâturage jour et un complément à l’auge et ainsi revenir en 25 jours, donc proposer 40 ares nouvelles par jour au troupeau en rationné.Pour un troupeau de 40 VA on dispose de 18 ha de pâture soit 45 ares par couple mère-veau. Il faut avancer d’un 1,8 ares / couple et par jour ( 45 ares / 25 jours = 1,8 ares ) soit 1,8X40= 72 ares par jour pour le troupeau . Une parcelle de 3,5 ha sera donner pour 5 jours ( 3,5 /0,72= 4,9 J) .
La date de sortie se décide aussi en fonction de la hauteur d’herbe : il doit rester autour de 5 cm à l’herbomètre soit à la cheville pour éviter les refus ensuite et favoriser les repousses.

La douceur de ce printemps nous vaut un cumul de température en avance de 10 jours par rapport à une année moyenne. Jusqu'à la semaine dernière la faible pluviométrie et les gelées matinales avaient freiné le départ en végétation de l’herbe. Les précipitations de ces derniers jours , conjuguées à la douceur persistante vont accélérer la pousse. Il faut lâcher pour maîtriser la croissance et garantir la qualité de l’herbe en avril – mai - juin.
Une mise à l’herbe réussie va permettre à la vache d’étaler le passage du régime hivernal au plat " pâturage " sur 3 semaines. La première semaine, il faut maintenir le niveau de la ration à l’auge et sortir les vaches 2 heures par jour. Progressivement les animaux resteront dehors plus longtemps jusqu’à la journée complète. Si vous attendez d’avoir assez d’herbe dehors pour sortir les vaches laitières toute la journée , vous serez débordés en 15 jours et n’offrirez jamais de l’herbe de qualité à vos animaux.
On lâche d’autant plus tôt que la surface à pâturer est importante.
Repères pratiques :
Il faut 30 ares / vache laitière pour un pâturage jour et nuit avant élargissement aux repousses d’ensilage.21 à 25 jours, fréquence de retour idéale sur une parcelle déjà pâturée.
A partir de 250 - 300 °C on lâche les animaux qui rentrent la nuit : vaches laitières ou brebis. Pour les autres catégories d’animaux (génisses et allaitantes) on attend 300 ° à 350 °C pour avoir un stock sur pied plus important et lâcher les premiers lots.

Un bulletin hebdomadaire de conseils sur le déroulement de la campagne fourragère décliné en fonction de l’altitude.

Cumul des températures au 20 février 2011
" Ebousage et étaupinage " :
C’est le premier objectif de passage des outils en sortie d’hiver. Au travers de ces opérations réalisées avec le même appareil, les buts sont nombreux :
- mieux répartir les éléments fertilisants restitués par les bouses au pâturage.
- diminuer la formation de zones de refus,
- diminuer les zones de vides,
- éviter d’emmener de la terre ou des résidus de fumier dans le fourrage lors de la première coupe. L’étaupinage diminue également l’usure prématurée du matériel de récolte (usure accélérée des couteaux des faucheuses et ensileuses en présence de terre)
" Scarificateurs et aérateurs "
Dans certaines prairies de longue durée, l’accumulation de matière organique en surface constitue un feutrage asphyxiant. L’eau et les éléments fertilisants arrivent plus difficilement au niveau des racines des plantes. La productivité de la parcelle est limitée. Des outils à dents descendant à une profondeur variant entre 2 et 5 cm déchirent le " mat " racinaire. On parle de scarification. Par cette opération on recherche l’aération du sol et la minéralisation de la matière organique.
" Hersage, émoussage et étrillage " :
La mousse est surtout présente dans les prairies où les échanges entre la surface du sol et sa profondeur se font mal. Le sol se comporte alors comme une surface inerte . Le passage d’outils tels que les herse à prairies, herses-étrilles ou émousseuses permet de briser la croûte de surface. Celà facilite l’aération du sol et le mélange de la matière sénescente (feuilles mortes, résidus végétaux…) à la terre. Ainsi on accélère la décomposition de la matière organique et sa minéralisation. De plus, le passage de la herse (étrille) permet d’arracher des espèces indésirables faiblement enracinées telles que les mousses, les mourrons et les nombreuses plantules. Enfin, le passage de ce type d’outil assure un émiettement des fumiers épandus en hiver.
Associer les pratiques de fertilisation avec les techniques d’entretien
Des études ont montré que les vers de terre jouent un rôle important dans l’aération des prairies. En moyenne, on trouve 2 tonnes de lombrics par ha de prairie. Or, à elle seule, une tonne de lombrics remue 250 tonnes de terre par an en creusant des galeries. Ainsi, en favorisant la vie microbienne des sols, les pratiques d’amendement (chaulage, épandage d’effluents) ou de fertilisation sont complémentaires des techniques d’entretien des prairies.
En conclusion, le hersage représente l’une des techniques d’entretien les plus polyvalentes pour l’entretien des prairies. Il favorise les graminées et limite le développement des diverses dicotylédones, même si son effet sur la flore reste modeste. Enfin, pour une bonne utilisation des outils de hersage en fin d’hiver, l’élimination du surplus de végétation par broyage ou pâturage doit se faire en automne. Si cela n’a pas été possible, il vaudra mieux privilégier un broyage en fin d’hiver à un passage de herse.
J Zapata, R Tendille, P Faure, S Violleau
Chambres d’Agriculture d’Auvergne
(Commission Régionale Fourrages)
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Ebouseuse, étaupineuse, étrille, émousseuse, scarificateur, aérateur, régénérateur…, de nombreux outils d’entretien superficiel des couverts végétaux sont disponibles. Tout comme la période automnale, la fin d’hiver, avant le démarrage de végétation, est une période très appropriée pour l’utilisation de ces matériels. L’entretien mécanique à cette époque peut avoir des objectifs multiples. Le hersage dont l’objectif premier vise à émietter les matières organiques de surface peut associer des fonctions d’émoussage, d’ébousage, d’étaupinage , de nivelage. Faciliter l’accès à la lumière permet aussi d’augmenter le tallage des graminées.
Or, deux conditions essentielles sont à réunir pour ne pas constater l’effet inverse au but recherché consécutif du passage de ces outils : |
De plus, ne pas oublier que l’entretien mécanique ne supprime pas les causes de dégradations des parcelles, ni la présence d’adventices.
align="justify"> En fin d’hiver une observation des parcelles en herbe doit être réalisée afin d’envisager et de planifier leur entretien.
Des mesures d’entretien courant avec un ordre de priorité doivent être envisagées pour chaque parcelle en fonction de son utilisation future.
Ces mesures concernent outre les amendements, l’entretien du couvert végétal par le broyage des résidus végétaux ou un pâturage hivernal éventuel, l’entretien des clôtures, des installations d’abreuvement et des rases de drainage, la lutte contre les rats taupiers et enfin les diverses possibilités de hersages et leurs variantes que nous développons dans le prochain numéro.
L’observation de chaque parcelle doit permettre d’évaluer le couvert végétal (espèces présentes, abondance de " trous " dans le couvert, la présence de mousses, la matière organique résiduelle en surface). Le couvert végétal est un capteur solaire. L’entretien de la prairie vise à permettre un rendement maximal de ce capteur en éliminant tous les écrans au rayonnement solaire afin d’optimiser la croissance de l’herbe. En outre le brassage superficiel des matières organiques sénescentes et leur incorporation à la terre vont accélérer leur décomposition et par " ricochés " participer au maintien ou à l’amélioration de la fertilité du sol.
Commission Régionale fourrages
Jean ZAPATTA, Chambre d’Agriculture Puy de Dôme
Régine Tendille, Chambred ‘Agriculture Haute-Loire
Retrouvez en archive Les infos prairies et fourrage de 2010
le jeudi 24 mai de 10:00 à 12:00
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